Un Montoirien
illustre dans le monde……
et inconnu à Montoire. (version courte)
A Montoire,
quelques vieux Montoiriens se souviennent encore de
René Germain, aviateur militaire qui, en septembre 1913, posa son Farman entre
le passage à niveau de la route des Roches et la ferme de Villeneuve. Mais qui
se souvient encore de Maurice Guillaux ? ……. Pas grand monde !
De son
vrai prénom Ernest François, il est né à
Montoire, dans le quartier Saint-Oustrille,
le 24 janvier 1883, d’un père charron et d’une mère couturière. Il devient,
comme son père, charron et travaille à Lunay où il
demeure et s’y marie, le 11 février 1901, avec Héloïse Anne-Marie Langot, fille de cultivateurs.
Le 19
février 1912, il passe son brevet de pilote (n° 749) et devient chef pilote de la maison Caudron de Croty (Somme). Il participe les 7 et 8 avril 1912, sur son
biplan Caudron, à la fête d’aviation organisée à Savigny où il montre sa
maîtrise. Toutes les villes voisines veulent des démonstrations.
Ainsi,
une fête d’aviation est organisée à Montoire le 29
avril 1912, sous les auspices de la Municipalité. Elle a lieu sur le terrain de
la Renarderie (terrain situé entre la route de
Couture-sur-Loir et le Loir). Maurice Guillaux a prévu d’exécuter : une
épreuve de hauteur, un vol de vitesse, un vol d’après un itinéraire tracé par
le Comité et une descente en vol plané d’une hauteur de 500 mètres. Le public
est très nombreux. Malgré les dangers
dus au vent, il prend son envol et,
arrivé à une dizaine de mètres, il est
pris dans un coup de vent,
l’avion pique du nez et se brise en touchant le sol, heureusement sans
blesser personne. Le biplan se couche sur le côté, l’hélice se brise et le
pilote roule sur le sol.
Le 9
juin 1912, il fait une exhibition à Vendôme en compagnie des aviateurs Daucourt, Obre.
Il bat
le record de hauteur pour moteurs de moins de 50 chevaux en volant à 1 600
mètres d’altitude pendant près de 35 minutes. A Vendôme, il atteint 1 300
mètres.
Après
ses exhibitions à Savigny, Saint-Calais, Montoire et
Vendôme, il traverse la Manche en emmenant avec lui un passager, établissant un
nouveau record
Les 28
et 29 juillet 1912, il participe à la fête d’aviation de Blois sur le terrain
de la Boire. Le mauvais temps perturbe cette fête, seul Guillaux prend l’air et
effectue un vol de 20 minutes.
En
août 1912, il entre au service de maison Clément-Bayard pour piloter des
monoplans métalliques. Il passe alors son brevet militaire supérieur sur le
parcours Issy-les-Moulinaux-Vendôme avec retour.
Le 15
août 1912, à l’occasion de l’inauguration du hangar aéronautique, il participe
à une fête d’aviation à Romorantin.
En
septembre 1912, il tente la coupe Pommery (la plus
longue distance parcourue en ligne droite entre le lever et le coucher de
soleil). Il part de l’aérodrome de Bordeaux-Mérignac, mais, en raison de la
pluie, du vent et de l’orage, il doit atterrir à Saint-Ay (près d’Orléans). Son
avion, ayant subi quelques avaries, il renonce à poursuivre son vol.
Le
dimanche 29 septembre 1912, il vole à Vendôme en faveur de la construction de
hangars qui doivent servir aux aéroplanes de passage. Le lundi, il regagne Issy-les-Moulinaux en ayant évolué auparavant au-dessus de
Montmartre. Puis il rejoint Calais d’où il veut partir pour s’attaquer à
nouveau à la coupe Pommery.
Le 9
octobre 1912, il passe, avec succès, la deuxième épreuve du brevet supérieur
militaire en effectuant le trajet Issy-les-Moulinaux-Montoire et retour.
En novembre 1912, il se prépare à attaquer le record de hauteur ; il était déjà monté à 3 500 m lors d’un un vol d’entraînement.
En décembre
1912, il termine son brevet militaire sur le parcours
Issy-Chartres-Orléans-Issy.
Maurice
Guillaux peut alors être réintégré, après de nombreuses démarches et sur sa
demande, dans l’armée comme aviateur, car il avait été réformé après son
service militaire à la suite d’un accident d’automobile.
A Etampes, le 11 février 1913, malgré le brouillard et le froid, il bat tous les records de vitesse et de durée avec passager.
Le 2
mars 1913, il vient une nouvelle fois voler à Savigny-sur-Braye, sur le Champ
d’Aviation des Pâtis. Le produit de la recette sert à l’érection d’un hangar
du nom de "Guillaux".
Le dimanche 28 avril 1913, il décolle de Biarritz, le trajet est pénible en raison de forts remous. Après un arrêt à Villacoublay pour déjeuner et faire le plein, il file sur Breda d’où il doit se diriger à la boussole, sa carte se terminant à Breda. Pour éviter de faire un crochet, il survole le Zuiderzée. Quand il revoit la terre, il décide de se poser. Il est à Kollum (Hollande) et a parcouru 1 500 kilomètres depuis Biarritz et il gagne la coupe Pommery avec 1 253 kilomètres.
Le lundi 9 juin 1913, il fait une exhibition à Albi lorsqu’il apprend la tentative de Brindejonc des Moulinais pour la coupe Pommery. Il met alors son avion métallique dans le train à destination de Biarritz d’où il s’envolera en direction du Danemark ou de l’Allemagne en estimant ne pas parcourir plus de 1 500 kilomètres.
Le dimanche 3 août 1913, il tente une nouvelle fois de battre le record en décollant en direction de l’Espagne. Il atterrit à Bermillo, à la frontière du Portugal. Sa boussole brisée, il est obligé, pendant deux heures, de se diriger sur le soleil. Il endommage son hélice à l’atterrissage.
Le 23
août 1913, il tente pour la 6ème fois la coupe Pommery.
Il s’envole une nouvelle fois de Biarritz et atterrit à Brackel,
(Allemagne) battant de quelques kilomètres Brindejonc
des Moulinais. Maurice Guillaux apprécie peu l’accueil fait à son arrivée sur
le sol allemand : il est arrêté, fouillé et gardé, accusé d’être un aviateur
militaire en activité. Il doit ensuite se rendre à Saint-Pétersbourg pour
participer à un concours militaire d’aviation.
Mais après vérification, il s’avére que Maurice Guillaux a atteint Brockel et non Brackel. Cette erreur d’orthographe lui enlevae son record…… pour quelques kilomètres. Il est accusé de tricherie et disqualifié pour 10 ans.
Malgré ses déboires, Guillaux participe, les 28 et 29 septembre 1913, au meeting d’aviation du Mans. Il vient de s’adjuger le record de vitesse en volant à 230 kilomètres à l’heure.
La commission aéronautique rejette la demande de disqualification de Guillaux, ayant seulement prononcé une mesure de suspension.
En octobre 1913, Maurice Guillaux rentre à la maison Gaudron qui lui prépare un avion d’une autonomie de 14 heures.
Le 26
décembre 1913, il est le premier à
exécuter 3 "looping the loop" au-dessus de
Paris.
Ses exploits lui valent d’être connu dans le monde entier et, en février, il part, pour le Japon. Il prévoit d’effectuer un long périple dans le monde avec des vols d’exhibition. Il est au Caire les 6 et 7 février, puis à Melbourne le 25 mai 1914, après être passé à Sydney où il établit le record du monde de hauteur avec passager en hydravion.
En
juin 1914, il entreprend le raid Melbourne-Sydney en emportant un courrier
important. Il remplace le pilote américain Wizard
Stone avec qui la Post Master General
avait signé un contrat pour effectuer le premier vol de courrier
officiel de Sydney à Melbourne, mais ce dernier casse son avion, sans
possibilité de réparations.
Il doit ensuite partir pour la Nouvelle-Calédonie et prévoit de se rendre en Chine, puis au Japon. Mais la guerre change ses projets, il rentre en France, à la maison Morane pour être affecté aux essais d’appareils militaires.
Il
quitte l’Australie en août 1914 et devient instructeur, en 1917, au 5th
Squadron Flying Corps en
Angleterre.
Le
mardi 22 mai 1917, il tombe de 600 mètres, se fracassant le crâne et les
membres.
Il est
inhumé dans le nouveau cimetière de Puteaux (92) et sa sépulture comporte un
bas-relief en pierre reconstituée taillé.
Sources :
-
Le Patriote vendômois.
-
Le Progrès du Loir-et-Cher.
-
Le Carillon.
(Bibliothèque de
Vendôme)
André MICHEL
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Octobre
2007
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