Aviateur Maurice GUILLAUX
Le
Patriote Vendômois.
1912.
n° 16 Jeudi, 16 avril 1912
Montoire : Fête d’aviation.
Une fête d’aviation aura lieu à Montoire le dimanche 28 avril, sur l’aérodrome de la Renarderie.
Programme.
De 2 heures à 4 heures, l’aviateur Montoirien Maurice Guillaux, breveté de l’A. C. F., chef pilote de la maison Caudron, de Crotoy (Somme), exécutera les vols suivants sur biplan « Caudron » : 1° Epreuve de hauteur. 2° Vol de vitesse. 3° Vol exécuté d’après un itinéraire tracé par le Comité. 4° Descente en vol plané d’une hauteur de 500 mètres.
Concert sur le champ d’aviation.
Il sera vendu les petits oiseaux de France, au profit de l’Aviation militaire.
Prix des entrées : 0 fr 50 (gratuit pour les enfants au-dessous de 10 ans). Garage pour bicyclettes. Garages pour voitures et automobiles. Prix : 2 fr.
Au retour du champ d’aviation, sur la grande place, exercices divers par la Société de Gymnastique « La Patriote ».
De 8 heures et demie à 9 heures et demie, concert par la Musique Municipale.
Fête foraine. Embrasement du château.
n° 17 Jeudi, 23 avril 1912
Montoire : Fête d’aviation. Nous rappelons que c’est dimanche prochain, 28 avril, qu’aura lieu, à Montoire, la fête d’aviation dont nous avons donné le programme dans notre dernier numéro. A cette occasion, un train supplémentaire partira de Vendôme à midi 36 pour arriver à Montoire à 1 h 15.
n° 18 Jeudi, 2 mai 1912
la fête d’aviation de Montoire.
La fête d’aviation de Montoire, qui avait attiré une grande foule, a été interrompue dès son début, à la grande déception des spectateurs.
L’aviateur Guillot s’était à peine élevé d’une dizaine de mètres, lorsque le moteur ayant cessé de fonctionner, l’appareil piqua du nez et faillit tomber sur la foule.
L’appareil est fortement détérioré, mais l’aviateur est indemne et on n’a pas eu à déplorer d’autre accident de personnes.
n° 22 Jeudi, 30 mai 1912
L’aviation à Vendôme.
Le comité des Fêtes s’est réuni samedi dernier, pour régler les derniers détails de la fête d’aviation, qui demeure fixée au 9 juin.
Il a été convenu qu’en vue d’attirer un troisième aviateur, on entrerait en pourparlers avec Daucourt, qui vient de remporter, à Toulon, un véritable succès. Daucourt viendrait ainsi renforcer l’équipe Obre-Guillot, déjà retenue par le Comité.
On s’est occupé également de la publicité et de l’affichage et décidé de commencer immédiatement les travaux d’aménagement du petit terrain de manœuvre.
La prochaine réunion du comité aura lieu samedi soir, à 9 heures, à l’hôtel de ville.
A la dernière heure, nous recevons la communication suivante :
La fête d’aviation, organisée par le Comité commercial des fêtes du 9 juin, au bénéfice de l’aviation militaire, va être particulièrement brillante et sera de beaucoup la plus belle de toutes les fêtes similaires données dans la région.
Trois aviateurs très connus voleront, sur des appareils différents, le 9 juin, à Vendôme.
Daucourt, dont les vols hardis furent tant admirés l’an dernier, à Romorantin, et qui, ces jours derniers, remporta un succès triomphal avec son monoplace Blériot à Alger, puis à Toulon, vient d’envoyer son adhésion à M. Royau, dont il avait fait la connaissance l’an dernier à Pontlevoy.
Le Comité, comme on le sait, s’était déjà assuré le précieux concours de Guillot, notre sympathique compatriote, qui fit preuve de tant de courage à Montoire et qui s’éleva à 700 mètres, dimanche dernier à Saint-Calais, et de Obre, le célèbre aviateur, dont l’appareil fut saisi récemment sur le Carthage, incident qui faillit amener des complications diplomatiques entre la France et l’Italie.
La fête aura lieu sur le terrain de manœuvres du champ de Mars, sous la présidence d’honneur de M. le général de Vignacourt, de M. le sous-préfet, de M. le colonel Clemençon et M. le maire de Vendôme.
Une très belle représentation cinématographique en plein air sera organisé, sur la place d’Armes, par la maison Pathé.
Plusieurs manèges de chevaux de bois et attractions diverses viennent à Vendôme à cette occasion.
Toutes craintes d’insuccès sont donc dissipées ; l’aviateur Daucourt restera à la disposition du Comité pendant quatre jours, de sorte qu’en cas de mauvais temps, les Vendômois auront la certitude d’avoir enfin leur fête d’aviation.
n° 30 Jeudi, 25 juillet 1912
Ville de Blois.
Service des Sports.
Les dimanche 28 et lundi 29 juillet 1912
à 3 heures
Grand Meeting d’Aviation
sur l’aérodrome de la Boire
Vols en tire-bouchon. – Vols en hauteur. – Vols planés. – Vols piqués. – Vols en huit. – Virages sur l’aile. – Concours de durée. – Concours de hauteur.
Y prendront part les célèbres aviateurs Guillaux
Obre (saisi par les Italiens sur le Carthage)
Daucourt
Sur monoplans et biplans.
Prix d’entrée :
Tribunes : 3 fr (entrée par l’allée des Pingres). Réservées : 2 fr (entrée par l’allée des Ponts-Chartrains). Pelouse : 1 fr (entrée par la levée de Saint-Dyé). Demi-place pour les enfants et les militaires, aux places à 1 fr et 2 fr.
Les voitures automobiles entreront par l’allée des Pingres et paieront 3 fr de droit de stationnement. Les bicyclettes paieront 0 fr 50.
Différentes musiques prêteront leur concours.
BUFFET – BUVETTES
Des trains spéciaux sont demandés.
n° 39 Jeudi, 26 septembre 1912
Aviation.
Nous apprenons que M. Guyot, aviateur, volera à Vendôme, sur le petit terrain, dimanche ou lundi prochain. L’entrée sera gratuite, une quête serait faite sur le terrain en faveur de la construction à Vendôme de hangars qui serviraient de remise aux aéroplanes de passage dans notre ville.
1913
n° 7 Jeudi, 13 février 1913
L’aviateur Guillaux bat le record de distance.
Notre compatriote Guillaux, sur monoplan Clément-Bayard, vient de battre le record du monde de distance avec passager.
Parti d’Etampes à midi 4, il a parcouru 410 km en 4 h 10’ 46’’.
n° 9 Jeudi, 27 février 1913
Fête d’aviation.
Savigny-sur-Braye : L’aviateur vendômois Maurice Guillaux, délégué de l’A. G. A., brevet supérieur militaire, viendra atterrir et voler à Savigny-sur-Braye, au champ d’aviation des Pastis, port d’atterrissage.
Il montera son monoplan métallique « Clément-Bayard », 80 HP Gnôme, bougie Oléo, hélice Chauvière ; bi^place avec lequel il vient de couvrir sans escale 400 kilomètres en 4 h 10, battant ainsi le record de distance avec passager.
Arrivée à Paris, par la voie des airs, dans la matinée du 2 mars 1913.
Dans l’après-midi, nombreux vols, seul et avec passager.
n° 14 Jeudi, 6 mars 1913
Guillaux à Savigny-sur-Braye
sa randonnée d’hier
Savigny-sur-Braye a vécu dimanche des heures émotionnantes : Guillaux et son rapide Clément-Bayard-Gnôme ont déchaîné un fol enthousiasme dans la coquette localité où l’aviateur est venu semé la bonne graine en faveur de l’œuvre intéressante des terrains d’atterrissage et des hangars à laquelle s’est vouée l’Association Générale Aéronautique.
La journée fut complète et de celles qui peuvent compter dans les annales aéronautiques. Dès le matin, réception des délégués de l’A. G. Aé. à la gare par M. Briant, Ozane, Breton, Lhermit et Guillaux. Ce fut un défilé à travers les rues pavoisées, la société des trompettes de Mondoubleau et la Fanfare de Savigny-sur-Braye en tête, vers l’aérodrome, où était remisé l’appareil de Guillaux.
Le soir eut lieu un banquet égayé d’intermèdes musicaux, et à la fin duquel M. Briant, délégué de l’A. G. Aé., à Savigny, dit le but de la manifestation : l’organisation d’un terrain avec hangar. Puis M. Brillier parla du début de l’A. G. Aé. et de son essor ; M. de Laroque-Letour du dévouement apporté à la défense de la noble cause de M. Balsan, et Guillaux vanta l’utilité du terrain d’atterrissage.
Et ce fut la fin de cette belle journée, qui laissera un durable souvenir dans l’imagination des habitants de Savigny-sur-Braye.
L’aviateur Guillaux, parti d’hier de Savigny-sur-Braye à 3 h 10, est arrivé à Issy-les-Moulineaux à 4 h 10, ayant couvert 190 kilomètres en une heure.
n° 13 Jeudi, 27 mars 1913.
Aviation.
Un biplan du type Bréguet, monté par le maréchal des logis Richy, a atterri à Vendôme, dans l’après-midi de Pâques, près du hameau de la Ménagerie.
Il en est reparti quelques instants plus tard se dirigeant vers le centre d’Etampes auquel il appartient.
La fête d’aviation de Savigny.
Le produit des recettes de la fête du 2 mars s’élève à 1 521 F 45 dont il faut déduire les dépenses montant à 892 F 70. Il reste net au profit de l’œuvre du hangar pour aéroplanes, en y ajoutant une somme de 50 francs provenant d’un don, 678 F 75.
n° 18 Jeudi, 1er mai
1913.
Le raid de l’aviateur Guillaux.
Notre compatriote Guillaux vient d’accomplir un raid magnifique : 1 250 kilomètres en une seule journée. C’est la distance qui sépare Biarritz de Kollum (Hollande).
Guillaux partit de Biarritz à 4 h 42. Une heure après, il était à Bordeaux.
« Je voulais, déclara l’aviateur, faire Bordeaux-Paris sans escale, mais le terrain de Biarritz ne permettait pas de partir avec une pleine charge. Le voyage fut rendu très difficile par suite de la violence du vent ; mais je couvris cependant la distance Bordeaux-Paris en quatre heures. »
A 0 heures, il passait au dessus de Blois, à une allure vertigineuse. Malgré qu’il fut à une grande hauteur, on distinguait nettement la marque Clémen-Bayard de son appareil.
Guillaume vola au dessus d’Orléans, Etampes, s’arrêta deux heures à Villacoublay, fila ensuite sur Compiègne, Valenciennes, Bruxelles, Breda, Amsterdam.
Il fut considérablement gêné par le vent qui soufflait violemment. Arrivé sur le Zuydersee, il fut pris par un brouillard épais. Sa carte étant terminée depuis Breda, il eut recours à sa boussole pour se diriger. Le vent, en changeant, le porta vers la mer du Nord. Il descendit à 20 mètres du sol, vit la côte qu’il suivit et, à 6 heures, atterrissait à Kollum.
Il fut très bien reçu par le bourgmestre qui le conduisit à l’hôtel.
Un policeman garda jalousement son appareil entouré par une centaine de personnes. Le soir, pendant le dîner, un grand nombre de jeunes gens chantèrent des chœurs magnifiques dans la rue.
n° 38 Jeudi, 18 septembre 1913.
Meeting d’aviation au Mans
28 et 29 septembre (Guillaux y était à copier)
……….
« Maurice Guillaux, sur monoplan Clément-Bayard, moteur Clerget 80 HP, champion des grands voyages européens, qui vient de concourir si brillamment pour la coupe Pommery, qu’il vient d’enlever magnifiquement à Brindejonc des Moulinais, volant, dans la même journée, de Biarritz à Brachel (Allemagne). »
…………….
n° 40 Jeudi, 2 octobre 1913.
La coupe Pommery.
Les journaux de Paris publient le communiqué officiel suivant :
M. Quinton, président de la Ligue nationale aérienne, s’étant adressé aux bourgmestres de Brockel et de Brackel, afin d’obtenir par ces autorités, confirmation du lieu précis d’atterrissage de Guillaux, dans son dernier raid pour la coupe Pommery, a reçu, ce matin, du bourgmestre de Brackel, la réponse suivante :
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous informer que l’aviateur dont vous me parlez n’a pas atterri dans la commune de Brackel, située dans le Lüneburg ; mais j’ai lu dans les journaux allemands que l’atterrissage de cet aviateur avait eu lieu dans la commune de Brockel, près de Rotenburg.
Le bourgmestre.
Peters.
Il en résulte de ce document que l’aviateur Guillaux a couvert une distance sensiblement inférieure à celle que Brindejonc de Moulinais a mis à son actif, dans son voyage Villacoublay-Varsovie, et qu’il n’est pas, par conséquent, l’actuel détenteur de la sixième prime semestrielle de la coupe Pommery.
La détermination de la véritable distance couverte par Guillaux, de Biarritz à Brockel, sera d’ailleurs calculée par le service géographique des Armées.
Aviation.
Montoire. Dans la plaine, au milieu des champs situé entre le passage à niveau de la route des Roches et la ferme de Villeneuve, l’aviateur montoirien René Germain, est atterri lundi, à midi et demi. Depuis 7 heures, les premiers curieux, attendaient comme ils avaient attendu, le samedi précédent, jusqu’à l’arrivée du télégramme annonçant que le voyageur aérien arriverait lundi. Aussi à 12 heures, chacun retourna en ville, et c’est au commencement du déjeuner que le moteur ronfle. Tout Montoire est dehors, et lorsque le grand oiseau vole au dessus de nous, les applaudissements éclatent, et c’est une course folle pour le voir se poser à terre. Les plus diligents arrivent trop tard, Germain est déjà descendu de son siège et peu après se jette dans les bras de ses parents, amenés en automobile par M. B. Loison.
L’aviateur raconte alors son premier voyage à travers la France. Pour obtenir son brevet de pilote militaire, il est parti d’Etampes, a atterri à Châteaudun où il a refait son plein d’essence, s’est dirigé sur Vendôme ; à Mondétour il suit la ligne de Tours et dépasse Chateaurenault, revient vers Montoire et demande une dernière fois sa route à Saint Martin-des-Bois, très étonné d’apprendre qu’il touche presque au terme de son voyage.
Il est particulièrement content de son appareil, un Henri Farman à capot, 13m 50 d’envergure sur 6m 50 de fuselage, 50 HP, hélice Chauvière.
Germain s’est presque toujours maintenu à une hauteur de 1 000 mètres.
Pour le voir repartir vers 3 heures, a-t-il annoncé, les curieux affluent. Ils sont bien un millier que les gendarmes ont peine à écarter jusqu’au moment où l’hélice se met en marche. Alors le biplan roule et gracieusement s’enlève, vole et ayant décrit un énorme cercle au-dessus de nos têtes, il se dirige vers le nord, salué par les acclamations des spectateurs.
Et le cœur angoissé, la mère du jeune pilote regardait l’infernale machine qui venait de lui ravir son fils. Que le progrès a fait verser de larmes aux mères !
H M
N.B. – Par suite d’une panne de moteur, après avoir gagné Mondoubleau, Germain a été forcé de s’arrêter à Cloyes.
Il est revenu à Montoire, aujourd’hui mardi, pour atteindre Etampes. Mais à l’atterrissage, contrarié par un vent assez violent, l’appareil a piqué. Tout se borne à des dégâts matériels de peu d’importance.
Nos souhaits de pleine réussite à l’aviateur.
n° 42 Jeudi, 16 octobre 1913.
Montoire
Conseil Municipal du 7 octobre 1913.
……
Proposition d’un aviateur.
Le Conseil prononce l’ajournement de la proposition d’un aviateur pour l’organisation d’une fête aérienne à Montoire.
n° 43 Jeudi, 23 octobre 1913.
L’aviateur Guillaux.
Notre compatriote Guillaux est rentré à la maison Gaudron, où il fit ses débuts. On lui prépare un appareil pouvant emporter de l’essence pour marcher 14 heures sans arrêt.
L’appareil sera près dimanche et notre compatriote compte, le jour même, s’attaquer aux records.